Article : Fêter Noël malgré les tensions familiales

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Profiter des fêtes de fin d’année pour rassembler le clan, est-ce vraiment une bonne idée ? C’est, il faut en avoir bien conscience, se donner l’illusion qu’il n’y a pas eu de conflits et qu’il n’y en aura plus. Même si la réalité est tout autre, on peut s’offrir cette part de rêve et faire comme si le groupe était un havre de paix. Cela revient à croire au Père Noël, mais puisque les circonstances s’y prêtent…

« Réunir les ex et nouveaux conjoints avec tous les enfants, reformer la famille nucléaire ou faire Noël chacun de son côté… Aucune solution n’est à rejeter, à condition de ne pas être dupes », dit Françoise Nérisson, conseillère conjugale et familiale, formée à la médiation familiale.

Réunir les parents séparés

Reformer la famille d’origine pour un soir est, certes, artificiel, mais pourquoi pas ? Prudence tout de même, car chaque individu, quel que soit son âge, aspire au fond de lui à réunir ses parents, et certains peuvent s’imaginer qu’ils ont réussi à recoller les morceaux.

« C’est pourquoi j’ai tendance à préconiser à ceux qui ne vivent plus ensemble de faire Noël séparément, continue Françoise Nérisson. Les enfants peuvent aller un jour chez leur père, un autre jour chez leur mère, ce qui nécessite au préalable un accord entre les deux pour le choix des dates et des cadeaux. Passer de l’un à l’autre, sans compter le Noël chez les grands-parents, c’est un peu essoufflant pour eux, mais Noël est tout sauf une fête reposante. »

Faire preuve de diplomatie

Pour se réunir de manière pacifiée, il faut bien sûr trouver un consensus. Pour gommer les dissensions, la famille se réunit généralement chez un personnage fédérateur : la matriarche, qui veut ses enfants et ses petits-enfants autour d’elle. Si ce n‘est pas le cas, il faut trouver une bonne raison, reconnue par tous, pour se retrouver, par exemple la naissance récente d’un enfant…

Noël est une affaire de femmes, ce sont elles qui prennent les choses en main. Pour le faire chez soi, il faut en avoir vraiment envie et agir avec tact. Si le Noël se déroule chez une grand-mère, il ne se passe pas chez l’autre ! Il y a aussi les belles-filles qui veulent passer chef de clan ! Dans ce cas, la première chose à faire est de « négocier » avec les prétendantes : « Cette année, ce sera chez moi ; l’an prochain, chez une autre. »

Vient ensuite l’aspect management. Noël n’est pas une fête improvisée entre copains, c’est une cérémonie contraignante qui ne doit pas reposer sur une seule personne. il est souhaitable que les différents protagonistes contribuent aux préparatifs du repas de famille.

Donner du sens à la famille 

« On peut se réunir pour Noël parce qu’on s’aime, mais on peut aussi se réunir pour donner du sens à la famille », déclare de son côté Robert Neuburger, psychiatre et thérapeute de couple.

Les rituels familiaux servent à donner un sentiment d’appartenance et jouent donc un rôle important dans la structuration de l’identité.

Toutefois, il arrive un moment où le rituel devient une contrainte. Quand il a perdu son âme il ne remplit plus sa fonction. En cas de conflit interne, on peut inviter les uns une année et les autres l’année suivante. Mais si le groupe a éclaté, il est vain de chercher à le reformer.

Quant aux enfants, une fois mariés, ils se reconnaissent parfois davantage dans la famille qu’ils ont fondée et préfèrent passer Noël entre eux. Il arrive aussi qu’ils se sentent appartenir à leur belle-famille, le rituel de Noël trouve dès lors son sens dans la famille d’adoption.

Le décès de la personne qui organisait le Noël, généralement la grand-mère, marque souvent la fin d’une époque. Cela génère des situations pénibles quand une fille prend le relais sans solliciter l’assentiment des autres. Les intéressés se sentent obligés de suivre seulement parce qu’ils éprouveraient de la culpabilité à se dérober. Quel que soit le cas de figure, la culpabilité n’est jamais un bon ciment familial.

Quatre conseils antistress pour Noël

  • Si Noël doit se passer chez vous, lancez les invitations sans tarder.
  • Si votre projet comporte des incertitudes, prévoyez un plan de rechange.
  • Le chantage affectif (« si tu ne viens pas, ton père n’y survivra pas », par exemple) envenime les choses. La souplesse donne de meilleurs résultats.
  • N’ayez pas trop d’ambition, on parvient rarement à satisfaire tout le monde.

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