Actualité : Homéopathie : des experts demandent plus de preuves scientifiques

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L’homéopathie est l’une des médecines douces, aussi appelées « médecines alternatives » les plus populaires en France. Cette méthode thérapeutique repose sur le principe de similitude, c’est-à-dire soigner par ce qui est semblable à la maladie. Elle consiste notamment en l’administration à des doses très faibles ou infinitésimales de substances susceptibles de provoquer, à des concentrations différentes, des manifestations semblables aux symptômes présentés par le malade.

En France, les médicaments homéopathiques doivent avoir fait l’objet d’un enregistrement ou posséder une autorisation de mise sur le marché (AMM) pour pouvoir être commercialisés. « On distingue deux types de médicaments homéopathiques: les médicaments homéopathiques à nom commun et les médicaments homéopathiques à nom de marque ou spécialités homéopathiques », précise le ministère de la Santé.

Mais depuis plusieurs années, de nombreux rapports scientifiques se contredisent quant à l’efficacité de l’homéopathie. Et c’est bien ce que reproche le Conseil scientifique des académies des sciences européennes (EASAC) dans un récent rapport. Les auteurs se demandent en effet si cette méthode thérapeutique est utile ou nocive, bien qu’elle soit utilisée en Europe par un grand nombre de personnes et pour un large éventail de maladies.

L’effet placebo établit mais il s’accompagne de risques

Plus précisément, le groupe de travail composé de scientifiques européens de premier plan déclare qu’il n’existe, pour aucune maladie, aucune preuve, scientifiquement établie et reproductible, de l’efficacité des produits homéopathiques. Ce dernier recommande donc que les produits et services homéopathiques ne soient pas remboursés « , à moins que démonstration n’ait été faite, par des tests rigoureux, qu’ils étaient efficaces et sans danger. »

Les auteurs reconnaissent néanmoins un effet placebo qui peut « être utile pour le patient », mais en se fondant sur une analyse approfondie des résultats disponibles, le rapport révèle que « chaque cas, pour lequel une efficacité clinique d’un produit homéopathique a été revendiquée, peut s’expliquer par l’effet placebo, une mauvaise conception de l’étude, des variations aléatoires, une régression des résultats vers la moyenne ou un biais de publication. »

Si les auteurs estiment qu’il est important de laisser au malade le pouvoir de décision, ils évoquent un risque pour ce dernier, à savoir que l’attrait pour cette médecine ne retarde la consultation avec médecin. « Ce phénomène a des conséquences importantes en termes de politiques publiques, de santé publique et de réglementation de l’homéopathie dans l’Union européenne », précise le rapport, dont les conclusions ont été relayées par l’Académie des sciences.

Mieux encadrer leurs ventes et leurs publicités

C’est pourquoi les experts appellent à un « cadre réglementaire » en ce qui concerne la promotion et l’utilisation des produits homéopathiques, qui doit être basé sur des connaissances scientifiques fiables. « En outre, l’homéopathie soulève des questions relatives au consentement éclairé du patient, dans le cas où des praticiens prescrivent ou recommandent des produits qu’ils savent biologiquement inefficaces« , indiquent-ils.

Ces derniers évoquent ainsi un dernier risque, lié à des problèmes potentiels de sécurité en raison du manque de contrôle dans la production de ces produits homéopathiques. Outre la question de leur remboursement et de la mise en place d’une réglementation pour affirmer leur innocuité et qualité au moment de les vendre, l’EASAC recommande que leur composition soit indiquée de manière similaire à celle utilisée pour les autres produits de santé disponibles dans les pharmacies.

« Cela implique que l’étiquetage actuellement autorisé pour les produits homéopathiques soit remplacé par une description simple des ingrédients et de leurs quantités présentes dans la formulation », souligne-t-il. En France, les médicaments homéopathiques à nom commun peuvent être remboursés par l’Assurance-maladie au taux de 30%. Les usagers peuvent également se renseigner auprès de leur mutuelle pour s’assurer d’une éventuelle prise en charge complémentaire dans ce domaine.

Mais mieux vaut bien se renseigner auprès d’un professionnel de santé avant toute utilisation : en novembre dernier, l’ANSM* a tenu à rappeler que les médicaments homéopathiques ne peuvent pas se substituer au vaccin contre la grippe. Elle a également indiqué que les médicaments homéopathiques autorisésdans les indications de préventionet de traitement de l’état grippal ne peuvent être présentés en accès libre dans les pharmacies.

*Agence nationale de sécurité du médicament et des produits de santé.

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