Actualité : « Prendre le cancer à la gorge » : ne pas attendre pour consulter dès les premiers symptômes

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Un cancer ORL (cancer oto-rhino-laryngologique) se situe au niveau de la bouche, de la gorge, des oreilles ou du nez. On parle aussi de cancer des voies aérodigestives supérieures (VADS). Comme l’explique l’Institut Curie, « 80% sont des carcinomes épidermoïdes de la gorge (larynx, pharynx) et de la bouche et une grande variété de tumeurs plus rares, comme les cancers du cavum (ou nasopharynx), ou des glandes salivaires (parotide, palais), de la glande thyroïde… ».

Malgré les progrès accomplis ces dernières années, ce type de cancers tue encore plus de la moitié des patients qui en sont atteints en raison d’un diagnostic trop tardif : il s’agit de la sixième cause de décès par cancer en Europe. Les symptômes des cancers ORL sont en effet rarement inquiétants mais souvent ignorés. Or, pris en charge à un stade précoce, ces cancers ont un taux de survie de 80 à 90%.

C’est pourquoi l’Institut Gustave Roussy tient à rappeler à l’occasion de la semaine européenne de sensibilisation aux cancers des voies aéro-digestives supérieures que la sensibilisation du public à ces symptômes est donc primordiale. Des symptômes tels que mal de gorge, dysphagie (impression de gêne au cours de la déglutition), dysphonie (troubles de la voix), aphte persistant, ganglion cervical, saignement de nez, obstruction nasale, otalgie (douleur de l’oreille)… doivent alerter.

La règle du « un pour trois »

En ce qui concerne le diagnostic, il existe la règle du « un pour trois » encore peu connue. Celle-ci a été développée par les plus grands experts de la tête et du coup en Europe et signifie que les médecins traitants doivent adresser le patient à un spécialiste des VADS, ou que le patient doit demander un avis médical sans tarder, dès lors que celui-ci présente l’un de ces symptômes depuis plus de trois semaines.

Une méthode qui a fait ses preuves puisque, selon l’institut Gustave Roussy, 70% des cancers ORL sont dépistés à un stade avancé. Ainsi en 2016, 14 750 nouveaux cas ont été diagnostiqués en France (10 650 cas pour les hommes et 4 100 cas pour les femmes). « Le diagnostic est réalisé d’abord à partir d’un examen clinique : le médecin regarde avec une source lumineuse, ou à l’aide d’un tube souple (fibroscope), à l’intérieur de la bouche et du nez. Il palpe le cou », explique l’institut Curie.

Une endoscopie complète toujours cet examen, de même qu’un scanner pour étudier l’étendue du cancer. Une IRM et une endoscopie peuvent aussi être pratiquées. Les hommes sont davantage touchés en raison de deux mauvaises habitudes faisant partie des facteurs de risque majeurs, l’alcool et le tabac, même si elles sont en augmentation chez les femmes, faisant sensiblement augmenter le nombre de cas chez ces dernières.

Un risque d’infection lié au HPV

En effet, le tabac est un facteur de risque en cause dans 85% des cas de cancers des VADS. Quant à l’alcool, les hommes qui boivent plus de trois verres par jour, et les femmes qui boivent plus de deux verres par jour ont significativement plus de risque de développer ce type de cancers. S’ajoutent les expositions professionnelles et les facteurs nutritionnels, mais aussi le virus HPV (papillomavirus humains) responsable de cas de cancers oropharyngés.

« L’incidence des cancers de la gorge (amygdale et base de la langue notamment) augmente du fait de certains sous-types de papillomavirus », fait savoir l’institut Gustave Roussy. Ce dernier ajoute : « Ces cancers représentent une entité clinique et biologique différente des autres cancers ORL liés à l’intoxication alcool-tabagique. »

L’infection orale à HPV, virus connus pour leur implication dans les cancers du col de l’utérus, est en effet une infection sexuellement transmissible qui se produit lors de rapports oro-génitaux. Le type de HPV le plus fréquemment associé à un cancer est le HPV16, responsable de 50 à 60% des cancers du col de l’utérus et de 80 à 90% des autres cancers comme le cancer de la tête et du cou. D’autres types de HPV associés aux cancers de la tête et du cou sont les HPV 18, 31 et 33, mais ils sont bien plus rares que le HPV16.

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