Article : Retrait définitif du dispositif de contraception Essure

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Le laboratoire Bayer a annoncé, lundi 18 septembre 2017, sa décision de mettre fin à la commercialisation de son implant contraceptif Essure dans tous les pays, sauf aux Etats-Unis. Une décision pour raison commerciale, a tenu à préciser le groupe allemand. Mais difficile de ne pas y voir un lien avec la polémique qui entourait Essure depuis quelques mois et qui avait sérieusement entamé son capital de confiance auprès des femmes.

Mise sous surveillance renforcée de l’Agence nationale de sécurité du médicament (ANSM), Essure était soupçonnée de provoquer des effets indésirables sévères. Des doutes qui avaient conduit les autorités européennes à suspendre en août dernier son utilisation pour une durée de trois mois.

Une méthode de stérilisation non invasive

Pratiquée en France depuis 2002 et prise en charge par l’Assurance-maladie, cette technique moderne de stérilisation non chirurgicale, constituait une alternative à la traditionnelle ligature des trompes. Comme celle-ci, Essure a pour principe de bloquer le passage des spermatozoïdes dans les trompes de Fallope, et ainsi de mettre un terme définitif à la fertilité.

Concrètement, il s’agissait de placer un micro-implant souple et flexible, ne contenant aucune hormone, dans chacune des deux trompes de Fallope, là où transitent les ovules pour passer de l’ovaire à l’utérus. Trois mois après la mise en place des micro-implants, un tissu conjonctif se formait tout autour, et bouchait les trompes. Les spermatozoïdes ne peuvent plus alors fertiliser l’ovule, ce qui rend toute grossesse impossible.

Son atout : être non invasive. C’est-à-dire qu’elle se faisait par les voies naturelles, à l’aide d’un hystéroscope (appareil de visualisation et d’intervention) de 5 mm de diamètre, sans aucune anesthésie générale, ni incision de la peau. Elle ne perturbait pas non plus le cycle menstruel. Un contrôle trois mois après au cours d’une radiographie pelvienne ou d’une hystéro-salpingographie permettait de s’assurer du bon positionnement des implants et donc de l’obstruction définitive des trompes.

La méthode Essure pouvait être proposée à « toutes les femmes majeures en âge de procréer », n’ayant plus de désir de maternité. Elle convenait particulièrement aux femmes non satisfaites par un moyen de contraception non définitif : difficulté à bien supporter une contraception hormonale, règles abondantes sous stérilet, etc. Cette méthode étant définitive, il n’était pas possible de revenir en arrière

Pourquoi l’implant Essure était-il contesté ?

Si la stérilisation Essure avait démontré son efficacité, elle était aussi sous le feu des critiques. De plus en plus de femmes avaient fait état d’effets indésirables, le plus souvent des douleurs abdominales ou pelviennes, des saignements ou la migration du dispositif. Plus rarement, des cas de grossesses, notamment de grossesses extra-utérines, avaient été signalés. Plusieurs Françaises avaient d’ailleurs lancé en décembre 2016 une action en justice contre le fabricant du dispositif Essure.

Cette polémique avait conduit l’Agence nationale de sécurité du médicament (ANSM) à mettre ce dispositif sous surveillance renforcée et à encadrer ses pratiques de pose. Le rapport bénéfice/risques restait favorable selon les premières conclusions, publiées en avril 2017, du comité d’experts chargé de rééavaluer les implants Essure. Les experts avaient insisté sur la nécessité d’un contrôle radiologique trois mois après la pose. Or, seulement 80% des femmes en bénéficiaient.  De nouvelles recommandations devaient être émises prochainement par l’ANSM. Face à la baisse continue de la demande en Europe, le laboratoire a visiblement préféré prendre les devants…

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