Actualité : Un médicament contre l’asthme issu du jardin ?

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Quand il s’agit du traitement de l’asthme, ce dernier repose sur le traitement de crise et sur le traitement de fond. Ceux-ci sont complémentaires pour une prise en charge optimale et il est important de bien les connaître. Le premier consiste à soulager rapidement les symptômes en dilatant les bronches et le second à prévenir la survenue des crises et maintenir une bonne capacité respiratoire.

Des chercheurs de l’université de Bonn travaillent actuellement sur un nouveau composé pharmaceutique dans le but de lutter encore plus efficacement contre cette maladie respiratoire généralisée. Leur découverte a de quoi surprendre puisque ce composé pharmaceutique est extrait de feuilles d’une plante ornementale appelée ardisia crenata. Celle-ci est un petit arbuste facile à se procurer dans les magasins spécialisés et apprécié pour ses baies rouges.

Jusqu’ici ignorée par la science, la plante intéresse désormais pour une substance baptisée « FR900359 » qui pourrait faire office de traitement médicamenteux. Comme l’explique leur étude publiée dans le journal Science Translational Medicine, elle a permis d’inhiber presque complètement chez des souris la contradiction des voies aériennes, à l’origine de la gêne respiratoire sifflante.

Un effet plus important que les médicaments actuels

En effet, les personnes asthmatiques souffrent régulièrement de ces contractions empêchant une ventilation adéquate des poumons, ce qui peut mettre leur vie en danger. Ce nouveau composé soulage ces spasmes et aurait même une durée d’action et une efficacité plus importante que le médicament contre l’asthme le plus répandu, le salbutamol, utilisé pour provoquer une bronchodilatation en quelques minutes et pour une durée allant de 4 à 6 heures.

« Néanmoins, jusqu’à maintenant, nous n’avons testé que la substance chez les souris asthmatiques, explique le Pr Daniela Wenzel, spécialisée dans les maladies respiratoires et principale auteure de l’étude. Ce composé inhibe les molécules de signalisation critique dans nos cellules, les protéines Gq. Les protéines Gq exercent des fonctions clés dans de nombreux processus dans le corps, y compris le contrôle de la tonalité des voies aériennes. », ajoute-t-elle.

Mais avec les médicaments actuels, il y a toujours un risque que ces derniers ne puissent pas empêcher complètement la contraction des muscles lisses bronchiques chez les patients souffrant d’asthme sévère. « Lorsque nous inhibons l’activation des protéines Gq avec FR900359, nous atteignons un effet beaucoup plus important. », souligne le Dr Michaela Matthey, qui a participé à l’étude.

Pour l’Homme, la recherche doit se poursuivre

Les chercheurs se montrent optimistes car les tests sur des souris se sont jusqu’ici montrés très concluants. « Nous avons pu empêcher les animaux de réagir aux allergènes tels que les acariens domestiques.« , indique ainsi le Pr Wenzel. Par ailleurs, peu d’effets secondaires ont été relevés car il suffit que cet ingrédient pharmaceutique soit inhalé en petites quantités.

Mais la question demeure quant à son efficacité chez les Hommes, bien que les scientifiques aient déjà démontré que des cellules bronchiques humaines cultivées dans une boîte de Pétri ont également réagi d’une manière prometteuse, de même qu’un système respiratoire complet ex-vivo. Mais d’autres tests, qui pourraient prendre des années, sont nécessaires avant une véritable application médicale.

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